Commémoration du 8 mai, anniversaire de la victoire des peuples sur Hitler


Déclaration du PRCF à l’occasion du 8 mai 2014

La commémoration du 8 mai, anniversaire de la victoire des peuples sur Hitler, est antinomique de la célébration réactionnaire du 9 mai, « journée de l’Europe » (sic) !

Unknown

Les 8 et 9 mai 1945, la Coalition antifasciste mondiale mettait fin, au prix de sacrifices sans nom, au « Grand Reich » nazi, synonyme de génocides, d’abominations et d’exterminations sans précédent.

Dans cette Coalition, l’U.R.S.S. et l’Armée rouge, mais aussi la Résistance communiste armée en France et dans toute l’Europe, avaient joué un rôle central, à côté d’autres forces patriotiques. L’U.R.S.S. était alors unanimement perçue comme le pays de Stalingrad et de Koursk, comme le fer de lance de la résistance antinazie. Quant au P.C.F. alors dirigé par Cachin, Thorez, Duclos, Tillon et Frachon, il était reconnu par tous, conformément aux réalités historiques, comme le Parti des Fusillés. Les glorieux F.T.P.F. et F.T.P.-M.O.I. furent en effet la force dirigeante de l’insurrection nationale qui culmina lors de la Libération de Paris.

Sans minimiser en rien les sacrifices des soldats américains, il faut rappeler que le Débarquement du 6 juin 1944 (l’ouverture du « second front », que l’U.R.S.S. réclamait depuis juillet 1941 !), ne fut mis en place que lorsque l’Union soviétique eut entamé la libération des territoires situés à l’Ouest du sien. L’U.R.S.S., qui se heurta jusqu’au 9 mai 1945 à une résistance allemande féroce (près de 300 divisions allemandes à l’Est jusqu’au bout, 27 à l’Ouest, dont 26 pour évacuer la Wehrmacht à l’Ouest depuis janvier 1945, et Berlin prise par la seule Armée rouge au prix final de 300.000 morts soviétiques supplémentaires) ne devait surtout pas gagner seule la guerre contre l’Allemagne, guerre qu’elle avait pourtant conduite pratiquement seule. Les plans des Anglo-Saxons visaient à se ménager la zone d’influence maximale dans l’Ouest de l’Europe, le plus riche et le plus industriel, et qui serait soumis à la tutelle américaine quasi exclusive (l’Angleterre étant très affaiblie) par le biais de l’A.M.G.O.T (gouvernement militaire américain) : c’est la force du P.C.F. dans l’insurrection patriotique qui fit échouer ce projet néocolonial avéré et qui permirent à la France, sur proposition de Moscou, de retrouver son statut de grande puissance, de siéger dans le camp victorieux et d’obtenir un siège permanent et un droit de veto au Conseil de sécurité de l’O.N.U.

A l’issue du 8 mai, le continent européen fut largement purgé du nazisme – malgré les criminelles complaisances dont celui-ci continua de bénéficier jusqu’à nos jours, notamment en Allemagne occidentale en France même – et de grandes avancées sociales purent se faire jour sur le sous-continent européen. En France, inspirés par le lumineux programme du C.N.R. Les Jours heureuxles ministres communistes de 1945, les Thorez, Croizat, Paul, Wallon, Grenier, Tillon, Billoux, sans oublier Joliot-Curie (qui mit en place le C.E.A.) créèrent la Sécurité sociale, les retraites par répartition, le Code du travail, les comités d’entreprises, les nationalisations industrielles, le statut de la fonction publique, le statut des mineurs et les nouvelles conventions collectives nationales, avant d’être chassés du gouvernement en 1947 sur l’ordre de Washington.

C’est cette visée politique d’une Europe pacifique, démocratique et progressiste, que portaient les forces antifascistes par-delà les calculs malsains de l’impérialisme américain et de la grande bourgeoisie française (celle-ci était passée sans débotter de la Kollaboration avec l’Occupant à l’atlantisme le plus débridé, que la « construction » européenne, préparée pendant la guerre et fortement relancée dès l’immédiate après-guerre par l’impérialisme américain et l’impérialisme allemand vite réconciliés), que la « construction européenne » a eu pour mission d’annihiler.

            En fait de « paix », toute la « construction européenne » d’après-guerre s’est faite sous l’égide du bloc belliqueusement  antisoviétique piloté par l’Alliance atlantique ; quant au progrès social, les concessions que les travailleurs d’Europe occidentale, y compris ceux de la R.F.A., ont pu momentanément arracher au patronat, n’ont « tenu » bon qu’aussi longtemps que de grands Partis communistes fidèles au léninisme, que de puissantes Confédérations syndicales affiliées à la F.S.M., qu’un camp socialiste européen allié à l’U.R.S.S., qu’une Allemagne antifasciste débarrassée du capitalisme (la R.D.A.), ont contraint les capitalistes occidentaux à céder du terrain pour préserver leur pouvoir et préparer l’heure de la revanche sur les forces antifascistes.

Sans remonter aux prémices réactionnaires de l’actuelle U.E. et de l’Axe Washington-Berlin (dont le livre récent d’A. Lacroix-Riz Aux origines du carcan européen montre qu’ils remontent à… 1918 !), il est facile de montrer que le plan Charbon-Acier, que le Traité de Rome, que le Marché commun, que le Plan Davignon contre la sidérurgie française, que la P.A.C., etc. n’ont apporté aux salariés et aux paysans travailleurs que des régressions et des mauvais coups.

Les choses se sont brutalement aggravées à la suite du démantèlement sous influence du camp socialiste, de l’annexion pseudo-démocratique de la R.D.A. à la R.F.A., de l’implosion contre-révolutionnaire de l’U.R.S.S. accompagnés et précédés par la mutation « eurocommuniste », puis franchement social-démocrate des P.C. italien, français et espagnol  –

Le traité de Maastricht, qu’un chef de la droite française a défini comme une « assurance tous risques contre le socialisme en Europe », a imposé la clause léonine selon laquelle l’U.E. est « une économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée », ce qui revient à y interdire, non seulement le socialisme, mais n’importe quelle politique tant soit peu progressiste. Sur cette base, la droite parlementaire européenne et la social-démocratie ont fusionné stratégiquement en privant de tout sens la fameuse « alternance démocratique » et en creusant le lit de l’extrême droite raciste : celle-ci fonctionne en effet comme un verrou politique et comme un recours éventuel du système face aux possibles insurrections populaires.

 En fait de « paix » continentale, l’Europe atlantique s’est signalée dès les années 90 par la destruction et le repartage impérialiste de la République Socialiste Fédérative de Yougoslavie, puis par le démembrement de la Serbie en violation du droit international. Franchissant un seuil supplémentaire dans l’agressivité et le « Drang nach Osten » (ruée vers l’Est), l’U.E. atlantique participe aujourd’hui sous l’égide de Washington et de l’O.T.A.N., à une ingérence grossière en Ukraine. Elle n’hésite pas pour cela à prendre appui sur un « gouvernement » putschiste et néo-nazi dont l’action vise à réprimer les communistes ukrainiens, à discriminer les russophones, à soumettre par la force les populations ouvrières de l’Est, à provoquer la Fédération de Russie en travaillant à l’annexion de fait de l’Ukraine par l’U.E. et par l’O.T.A.N., ce qui constituerait très officiellement un casus belli pour Moscou.

En fait de respect des frontières de 1945, la « nouvelle Europe » a mis ses pas dans ceux de l’impérialisme allemand. Non content d’annexer la R.D.A. et d’humilier sa population en brisant systématiquement la mémoire historique de cet Etat, Berlin a manipulé l’éclatement de la Tchécoslovaquie, la sécession unilatérale de la Croatie (avec l’aide avérée du Vatican), et qui n’est pas pour rien dans l’ « évaporation » en cours de la Belgique sur la base d’une sécession de fait de la Flandre belge. Nous sommes d’ailleurs confrontés actuellement à un projet d’euro-balkanisation de l’Europe occidentale avec l’encouragement donné aux mouvements euro-séparatistes en Italie (Ligue du nord), en Espagne (Catalogne, voire « Grande Catalogne » englobant Perpignan), et la décision de Hollande de procéder à la « länderisation » de la France (suppression des communes et des départements, redécoupage en 10 grandes régions métropolitaines, régions transfrontalières…) sans la moindre consultation du peuple. Pour liquider la République une, laïque et indivisible issue de la Révolution française, le gouvernement « socialiste » ne craint pas de prendre appui sur des mouvements grossièrement anti-républicains impulsés par le M.E.D.E.F (prétendus « bonnets rouges » bretons, mafia séparatiste corse, grand patronat alsacien tourné vers le Land de Bade-Würtemberg, etc.)…

En fait de respect du droit des peuples, l’U.E. signifie le déni constant des souverainetés nationales, l’humiliation permanente des peuples du Sud et de l’Est européen ; l’U.E. et ses proconsuls français Hollande et Sarkozy, c’est aussi le viol du Non français à la constitution supranationale (imposition par la bande du Traité de Lisbonne et du Traité budgétaire mettant le budget français sous la tutelle même plus dissimulée de Berlin), c’est la mise en place d’une monnaie unique dédiée aux intérêts commerciaux de Washington et de Berlin soutenus par leurs collaborateurs compradores du C.A.C.-4O aux dépens de ce qui subsiste du « produire en France ». Plus gravement encore, l’U.E. signifie la mise en place dans le dos des peuples, d’une « Union transatlantique » qui parachèverait la casse de notre économie productive, l’écrasement des langues nationales européennes au profit du Business-English patronal, l’agonie assurée de l’ « exception culturelle », du cinéma, de la chanson et de la recherche scientifique indépendantes au profit des monopoles transcontinentaux et de leur projet inhumain de marchandisation absolue de la culture, de la Santé, de l’école et de l’ensemble des modes de vie.

 En fait de progrès social, l’U.E. signifie aussi l’explosion des inégalités, le cancer des paradis fiscaux, le feu roulant des plans d’ajustement structurels tels que le Pacte Merkel-Valls-MEDEF qui vise à extorquer 50 milliards au peuple français pour le transférer aux monopoles capitalistes et aux usuriers des « marchés financiers » internationaux.

En fait de « démocratie » et d’ « humanisme »l’U.E. signifie l’anticommunisme déchaîné et le révisionnisme historiquepermanent par le dénigrement permanent de toute l’histoire révolutionnaire du continent, qu’il s’agisse de l’expérience socialiste née de la Révolution d’Octobre ou de la Révolution française elle-même ; l’U.E., c’est aussi la promotion du cléricalisme, du communautarisme religieux, c’est la banalisation des nostalgiques du Troisième Reich qui, de Kiev à Vilnius en passant par Budapest, tiennent le haut du pavé alors que les symboles, les partis, les activités antifascistes sont réprimés sur toute une partie du sous-continent et que des populations entières (russophones d’Ukraine et de la Baltique, Roms, et de plus en plus, Belges francophones vivant en Flandre) sont discriminée avec la complicité de Bruxelles, que les migrants venus d’Afrique périssent en masse en Méditerranée quand ils essaient de rallier la « forteresse Europe » pour fuir leur continent dévasté par les opérations néocoloniales de l’O.T.A.N., de Sarkozy ou de Hollande au Proche-Orient, en Libye ou en Afrique subsaharienne !

 Dans ces conditions, les discours ronflants sur « l’Europe, notre destin », qui ciblent les enfants dès l’école primaire, ne sont que propagande d’Etat. Honte aux dirigeants euro-formatés et euro-subventionnés du Parti de la Gauche Européenne et de la Confédération Européenne des Syndicats qui, à défaut d’organiser l’action contre Bruxelles et contre les plans d’austérité, paralysent et dévoient l’action populaire en faisant miroiter une introuvable « Europe sociale » !

Plus que jamais, l’heure est à l’engagement uni des organisations communistes et démocratiques, en France et en Europe, pour les « quatre sorties » : sorties de l’euro et de l’U.E., sortie de l’O.T.A.N. et sortie du capitalisme fauteur de crise, de fascisation, d’ingérence et de nouvelles guerres mondiales.

C’est dans cet esprit, fidèle au meilleur du 8 mai 45 et à l’héritage du C.N.R., que le P.R.C.F. invite les forces communistes, syndicales, patriotiques, antifascistes et internationalistes à refuser de cautionner la mascarade des élections au parlement supranational européen, lequel n’est que la façade d’une dictature supranationale capitaliste, impérialiste et fascisante dont on ne peut attendre que des agressions de plus en plus graves contre les travailleurs, contre les nations souveraines et contre les peuples de l’Est et du Sud.

 L’avenir de l’Europe des Lumières, de l’Europe des peuples libres, ne se construira pas dans l’U.E., cette antithèse de l’Europe du 8 mai 1945, mais contre elle. L’avenir est en effet dans l’insurrection démocratique des peuples pour la souveraineté nationale et populaire, pour la coopération entre les Etats souverains de tous les continents, pour la paix mondiale, dans la perspective d’une France, d’une Europe et d’un monde débarrassés du capitalisme et de son U.E. « réactionnaire sur toute la ligne » (Lénine).

Plus que jamais, honneur aux vainqueurs antifascistes du 8 mai 1945 et non, mille fois non, à l’U.E. atlantique, socle politique du IVème Reich transatlantique en gestation. 

 

bandeau abstention citoyenne PRCF

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